« Aux Philippines, ne partez surtout pas entre juin et octobre. » Cette phrase, on la lit partout. Elle est fausse à moitié. Plus exactement : elle est vraie pour Manille, fausse pour Siargao, et nuancée à peu près partout ailleurs. L’archipel est trop vaste, trop éclaté, pour un calendrier unique.
Voici le découpage qu’on suit nous, après six saisons sur place — pour vous éviter à la fois les typhons et les mois où vous n’auriez pas dû annuler.
Deux saisons et deux climats opposés
Officiellement, les Philippines ont deux saisons : amihan (vent sec du nord-est, novembre à mai) et habagat (mousson humide du sud-ouest, juin à octobre). Mais cette logique vaut surtout pour la côte ouest et Manille. Sur la côte est (Pacifique), les vents sont opposés : ce qui est saison sèche pour Palawan est saison houleuse pour Siargao, et inversement.
Palawan : la fenêtre la plus large
Idéal : décembre à mai. Mer d’huile, visibilité plongée à 30 m, tours d’île hopping qui sortent tous les jours. Pluvieux mais possible : juin–octobre. Les averses sont courtes, intenses, souvent en fin de journée. Si vous acceptez 2–3 jours sans bateau et 30 % de prix en moins, c’est jouable. À éviter : novembre. Mois de transition très instable, le pire pour réserver à l’avance.
Cebu, Bohol & Visayas centrales
Idéal : janvier à avril. C’est la zone la plus stable de l’archipel toute l’année. Même en septembre, on trouve des fenêtres météo correctes — les Visayas sont protégées par les îles voisines des grands typhons venant du Pacifique. Pour la sardine run à Moalboal et le canyoneering aux chutes Kawasan, l’été nordique reste un excellent moment.
Siargao : à contre-courant
Idéal pour le surf : août à novembre. C’est la saison des houles propres, de Cloud 9 à pleine puissance, et de la Cloud 9 Surfing Cup en septembre. Idéal pour le farniente : mars à juin. Mer plus calme, île plus déserte, lagons de Sugba à leur meilleur.
À retenir : Siargao reçoit aussi les typhons de plein fouet (Odette en décembre 2021 a marqué l’île). Surveillez les bulletins en novembre–décembre, et privilégiez janvier-février pour un séjour serein hors saison surf.
Luzon & Manille : les mois à éviter
Manille devient pénible entre juin et septembre : humidité, inondations urbaines fréquentes, trafic démultiplié. Si votre vol arrive en pleine habagat, prévoyez 24 h tampon avant les transports vers les îles, et privilégiez Makati ou BGC pour vos premières nuits. Les rizières de Banaue, en altitude, restent praticables toute l’année — mais les sentiers boueux d’août rendent les randonnées plus rudes.
Le réflexe typhon
Vingt typhons par an touchent les Philippines en moyenne. La majorité sont gérés sans drame : PAGASA émet des bulletins gradués (Signal 1 à 5), les compagnies aériennes annulent au-delà du Signal 3, les ferries au-delà du 2. Téléchargez l’application NDRRMC ou abonnez-vous au compte X officiel @dost_pagasa pour les alertes. Et prévoyez toujours une assurance voyage avec couverture annulation pour cas de force majeure — un détail qu’on néglige souvent et qui sauve un budget en novembre.
Résumé en une ligne par île
- Palawan : décembre–mai (pic mars-avril)
- Cebu & Bohol : toute l’année, pic janvier–avril
- Siargao : mars–juin pour le calme, août–novembre pour le surf
- Boracay : novembre–avril (la plus marketing-friendly de l’archipel)
- Manille / Luzon : décembre–mai, éviter juillet–septembre
Pour calibrer le budget en fonction de la saison choisie (haute = +30 % sur les hôtels, basse = pluies courtes mais tarifs plancher), notre guide budget détaille les fourchettes mois par mois.